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Plaidoyer pour la Terre
et les vivants

Bernard Anton, Ph. D.

« Extraits »

Livre paru aux éditions Marcel Broquet, 2009, 288 pages

Introduction

Ce livre est né du besoin de défendre les intérêts bafoués de la Terre et le futur menacé des Vivants. En effet, depuis plus d’un siècle, la Terre est surexploitée. Nous sommes en train, entre autres, d’épuiser, en presque un siècle, ses dépôts de synthèses organiques qui datent de millions d’années. Il serait temps d’arrêter et de réfléchir sur la portée de notre surproduction, surconsommation, surindustrialisation. Il est temps de prendre soin de notre Terre, de l’environnement, de l’atmosphère qui sont vulnérables, et d’examiner quelques-unes de nos habitudes.. En en prenant soin, c’est de notre propre condition et santé, aussi vulnérables, qu’on prend soin et de celles des générations futures.

Mon vieil intérêt toujours grandissant pour l’environnement m’a incité à me documenter amplement et rigoureusement, au fil des jours, des mois, des années. J’ai consulté de très nombreuses sources (journaux, revues, livres, documentaires, médias, sites web, statistiques, constats d’experts). Les informations sporadiques qui circulent en cette matière, les bouleversements climatiques, la pollution, la désertification qui avance, les rapports scientifiques assez graves, les problèmes d’eau, de sol, d’air, d’érosion, d’inondation, ainsi que le gaspillage inconscient, immodéré et l’indifférence quasi généralisée qui se poursuivent autour de moi, m’ont poussé à écrire ce livre dans le but d’essayer de sensibiliser, sans alarmisme, le grand public.

L’éveil environnemental n’est plus l’apanage de quelques érudits mais le devoir et la responsabilité de tout citoyen, car la nature est un patrimoine commun, peu importe qui nous sommes, où nous sommes, quelle langue nous parlons, de quelle race nous sommes, à quelle idéologie ou confession nous souscrivons. Parce que nous sommes tous concernés, nous sommes tous invités à nous mobiliser pour sortir de la crise écologique dans laquelle nous vivons.

C’est l’heure des choix. Quel avenir nous voulons ? Quels actes sommes-nous prêts à poser face à l’avancée quotidienne des déserts et face à la dégradation continue de la qualité du sol, de l’eau de l’air ? Quelles limites donnerons-nous à l’activité humaine qui ne cesse de détruire notre environnement et de faire croître le réchauffement atmosphérique ? Acceptons-nous de rester neutres et d’hypothéquer l’avenir des générations futures ? Réalisons-nous que l’humanité entière est sérieusement en danger, non à cause d’armes de destruction massive, mais à cause de notre désinvolture, pollution, surconsommation, nous tous : citoyens, chefs d’industries, politiciens… ?

Acceptons-nous d’œuvrer ensemble afin de préserver, le plus possible, saine notre biosphère : les plantes, les animaux, la pureté de l’air et de l’eau, la fertilité, l’intégrité et la richesse du sol, bref la viabilité de la Terre ?

L’urgence de la question incite tout écocitoyen[1] averti, soucieux du bien commun, de penser non seulement au niveau individuel ou local, mais au niveau global, universel, intergénérationnel. Il est impératif d’être solidaire des autres et non attaché uniquement à son confort personnel. Les enjeux sont sérieux : la survie, la santé, le bien-être et l’avenir de tous. À nous d’opter, ensemble, pour des gestes respectueux de la nature afin de réduire le plus possible nos répercussions néfastes sur l’environnement.

La responsabilité de veiller sur la qualité de la vie environnementale incombe à chacun. Si chaque citoyen de bonne volonté posait de petits gestes significatifs afin de protéger et de rétablir l’intégrité des systèmes écologiques, il y aurait beaucoup moins de dommages. La qualité de la vie demeurerait toujours belle sur la Terre.

Il y a une intime interdépendance entre un geste environnementalement correct, partout posé, et la survie de l’espèce, partout où elle est. Vu la situation critique de notre biosphère, vu que les ressources naturelles s’épuisent alors que les responsables prétendent encore qu’elles suffisent, c’est de plus en plus une exigence morale, un presque devoir, une éco-responsabilité pour l’âme sincèrement altruiste et humaniste, de viser le bien collectif et de choisir de s’engager, par solidarité, à contribuer, autant qu’elle peut, à la préservation de l’environnement.

La série de réflexions qui va suivre, regroupée autour de plusieurs thématiques, peut être un rappel pour quelques-uns, une nouvelle prise de conscience ou un approfondissement pour d’autres. Toutefois, je souhaite fortement que l’éveil environnemental puisse faire évoluer et infléchir la présente situation. Cet éveil peut vite devenir, pour tous, grands et petits, à la source de multiples gestes nobles et heureux, un mode incontournable et harmonieux de vie, par amour pour notre mère Nature et pour l’Humanité !

DASE, modèle vert d’intervention parascolaire

(conçu par Bernard Anton et publié dans « Plaidoyer pour la Terre et les Vivants », chapitre : L'école verte)

À part l’intégration de l’environnement dans l’enseignement même, toutes matières confondues, je suggère la création d’un comité environnemental parascolaire dans chaque école. Je le nommerai DASE, acronyme pour Découvrir, Aimer, Soigner l’Environnement.

Un ou deux formateurs initiés à l’environnement et engagés peuvent mobiliser toute l’école. Ils pourraient animer ledit comité qui serait composé surtout d’élèves. Ces derniers étant les sujets à former et à mobiliser, de même qu’ils sont les premiers artisans de leur milieu, il leur reviendrait de prendre en main un tel projet.

Les objectifs du comité DASE sont de :

• sensibiliser l’ensemble des élèves aux problèmes actuels de l’environnement;

• développer leur conscience écologique, leur sens de la responsabilité, leur solidarité avec les éléments de la nature;

• favoriser un agir socio-environnemental;

• viser, d’une façon pratico-pratique, des compétences cognitives, affectives, sociales et comportementales en lien avec l’environnement;

• rapprocher les élèves entre eux et leur milieu;

• développer chez eux un sentiment d’appartenance;

• veiller à ce que leur école respecte la récupération des matières résiduelles et l’esprit du développement durable.

Un plan d’action, avec trois approches pédagogiques, peut être échelonné, par trimestre, sur l’ensemble de l’année scolaire.

Approche cognitive : l’automne pourrait être consacré à la découverte et à la connaissance de la crise écologique actuelle (état de la question; recherche sur la qualité du sol, de l’eau, de l’air, de la nourriture; étude du compostage, de la flore et la faune; visite du Centre d’interprétation de la nature, de la Biosphère, de l’Insectarium, du Planétarium, du Biodôme, de l’Observatoire de la Tour de Montréal, du Jardin botanique, d’un zoo, d’un centre de tri et de recyclage, d’un site d’enfouissement, d’une usine de traitement des eaux qui utilise la nouvelle technologie de désinfection aux rayons ultraviolets).

Approche réflexive : après cette première prise de conscience, l’hiver convient au mûrissement de la réflexion, à la compilation et à l’analyse des données recueillies, à l’expression de ses craintes, de ses espoirs, de son amour pour la Terre, à l’évaluation des enjeux graves.

Approche pratique : le printemps serait favorable à l’action concrète, aux soins de la Terre (plantation d’arbres et de fleurs, campagne de propreté, ménage de la cour d’école ou autour de celle-ci, plantation et soin de semis, vente de pousses pour financer d’autres projets écologiques).

Stratégies organisationnelles

Un plan de communication des informations peut être établi par le biais d’une grande exposition ou d’une foire qui aurait lieu au gymnase ou à la cafétéria. Les élèves partageraient leurs découvertes et connaissances en matière d’environnement. Il y aurait plusieurs kiosques regroupés par thématique (eau, désertification, forêts, faune menacée, couche d’ozone, fonte des glaciers, pollution, santé environnementale, énergies renouvelables). Tout au long de l’année scolaire, un babillard de l’école réservé à DASE verrait à l’alimenter chaque semaine par de nouvelles informations. Le journal étudiant peut être exploité à cet effet. Des capsules de bonnes nouvelles encourageantes peuvent être annoncées à l’interphone, concernant, à titre d’exemples, le taux de recyclage qui augmente à l’école, ce qu’il advient des matières résiduelles récupérées, etc.

Un plan de valorisation peut être envisagé : un certificat d’engagement et d’implication active serait décerné par la direction à ceux et celles qui se seraient illustrés dans le comité DASE.

Un plan d’évaluation ferait, en fin d’année, le bilan des résultats obtenus : l’impact de ces activités environnementales sur l’agir éthique individuel et collectif de l’ensemble des élèves; leur degré de sensibilisation et de réceptivité concernant la nécessité de réduire l’empreinte humaine négative sur l’environnement; leur niveau de développement intégral (travail d’équipe, solidarité, créativité, éco-socio-responsabilité, pensée critique, gestion de projet); leurs compétences développées (savoir-faire, savoir-être, savoir-agir, pouvoir-faire, capacité de résolution de problèmes); la quantité de papier, de cannettes, de verre, de plastique recyclés; le nombre de gestes environnementaux effectués; l’amélioration du sentiment d’appartenance, de l’estime de soi; les points positifs ou négatifs notés par les organisateurs et par la population étudiante; les succès, les difficultés ou les échecs rencontrés; les points à améliorer.

Exemples d’activités environnementales scolaires

Il y aurait, en outre, une foule d’activités à caractère environnemental à proposer :

• visionner des films qui portent sur l’environnement;

• présenter des conférences sur la foresterie, le recyclage, la valeur de l’eau, la biodiversité, la géothermie, la capture et le stockage du carbone, l’écosystème, la gestion des déchets, l’écoentreprise, le lien entre environnement et santé, entre environnement et alimentation, l’interdépendance des peuples, l’ornithologie;

• visiter le Salon de l’environnement ou assister au Festival mondial de la Terre, rédiger un compte rendu sur un kiosque, une pratique, une découverte ou une nouvelle invention;

• entreprendre une tournée verte du quartier ou un court voyage d’écotourisme;

• lancer un concours d’objets recyclés ou revalorisés;

• exposer des œuvres d’art créées avec du papier, du carton ou du matériel récupéré;

• installer sur les murs de l’école des courtepointes, des sacs, des cravates, des nappes confectionnés par des élèves avec des bouts de tissus offerts par la population étudiante;

• installer un composteur près de la cafétéria et une mangeoire dans la cour de l’école pour nourrir les oiseaux;

• transformer un local peu utilisé en salon vert où il y aurait beaucoup de plantes, un aquarium, des cages d’oiseaux, de lézards ou de lapins; y diffuser une musique environnementale (chants d’oiseaux ou de baleines, bruit de l’eau qui coule, déferlement des vagues de la mer, chants des criquets et des grenouilles, bruit du vent);

• lancer un concours de slogans et d’illustrations sur le thème de l’environnement;

• aménager un jardin intérieur entretenu par les élèves;

• leur demander de mener un sondage ou une enquête sur un thème environnemental après en avoir rédigé eux-mêmes les principales questions;

• participer à un projet Afrique ou Haïti : envoyer, par exemple, à ces pays des semis achetés grâce au profit de campagnes de financement vertes;

• cibler des partenaires potentiels pour financer l’achat et l’installation d’un système de chauffage solaire ou d’un panneau solaire à l’école.

De telles activités mettent en valeur le rôle primordial de l’environnement dans la vie de tous les jours. Elles rapprochent toutes les ethnies, suscitent une dynamique de fierté et de plaisir à fréquenter l’école dont l’image se trouve bonifiée et inspirante pour son milieu. Elles diminuent le taux d’absentéisme, de morbidité, de vandalisme. Elles développent l’enthousiasme, la motivation, l’estime de soi, l’engagement, l’esprit d’initiative, la communication, le sentiment d’appartenance et de responsabilité de l’apprenant. Ce dernier transporte ces apprentissages verts, cette culture verte dans son milieu de travail, social et familial. Peut-être qu’il sera tenté de faire carrière dans l’industrie de l’environnement. C’est un secteur en plein essor qui recrute. Nombreux sont les postes à pourvoir en ce domaine. Le champ de spécialisation qu’il choisira répondra à ses convictions profondes et à sa conscience environnementale.

L’école est le terreau par excellence où les générations futures sont formées, sensibilisées aux problématiques du monde. Une éducation solide les rend performantes, aptes à faire les meilleurs choix sociaux, politiques, environnementaux. Une éducation appropriée, en matière d’environnement et de développement durable, devrait être disponible également pour les personnes responsables qui gèrent des programmes sociaux, culturels, politiques et éducationnels, afin qu’elles soient bien outillées. Une administration verte favorise l’émergence de nombreux nouveaux écocitoyens.

Les services rendus par la forêt

Les arbres de la forêt nous rendent, depuis des milliers d’années, des services non monnayables. En voici quelques exemples. Ils :

1. captent le gaz carbonique qui est dans l’air et constituent un véritable puits de carbone (six arbres matures éliminent 1 tonne de CO2 par an. 1 km3 de jeune forêt élimine 4 millions de tonnes de CO2 par an;

2. purifient l’air des éléments polluants;

3. dégagent de l’oxygène (chaque arbre produit en moyenne 118 kg d’oxygène par an);

4. améliorent la qualité de l’air;

5. protègent le sol;

6. empêchent l’érosion;

7. gardent l’humidité du sol;

8. servent (avec leurs racines) de filtres naturels pour purifier l’eau;

9. constituent un habitat important pour la sauvegarde de la biodiversité (diversité des animaux et des plantes médicinales);

10. abaissent la température de quelques degrés;

11. augmentent le taux d’humidité de l’air de 50 %;

12. créent des nuages;

13. amènent la pluie;

14. empêchent la sécheresse, les inondations, la désertification;

15. participent au maintien de l’équilibre climatique.

Les services rendus gratuitement par la nature sont estimés à 33 000 milliards de dollars par année.

Engagement: Pour l’amour de la Terre et des Vivants

Ce texte peut être considéré comme un rappel au quotidien de notre écoresponsabilité. Il peut nous aider à prendre conscience de l’importance de chaque geste que nous effectuons à l’égard de l’environnement, si minime soit-il.

Pour empêcher que chaque jour la pollution des sols, de l’eau, de l’air et de la nourriture augmente, avec toutes ses conséquences sur le climat, l’écosystème, la santé, le présent, le futur, je m’engage librement et avec joie à contribuer, autant que je peux, à la sauvegarde de l’environnement et des espèces en diminuant mes empreintes écologiques.

Je choisis, à titre d’écocitoyen responsable et solidaire, par respect pour la Terre qui est notre Mère, qui nous nourrit et nous héberge, par respect aussi pour les Vivants, de faire plusieurs gestes constructifs et réfléchis, à la maison, au travail et dans mes loisirs. J’opte pour un mode de vie plus modéré, le moins polluant possible. Je privilégie l’être à l’avoir. Je gère et réduis ma consommation d’énergie, d’eau, de biens inutiles et non recyclables, de ressources non renouvelables. Je gère et réduis au minimum ma production de déchets. Je recycle. J’essaie de réparer les dégâts environnementaux et d’être vert dans toutes les dimensions de ma vie. Je sensibilise les autres à l’importance d’un environnement sain, au rôle primordial de la végétation et à la fragilité de l’équilibre de la biosphère. Je m’implique socialement et politiquement pour que le souci de l’environnement physique et humain soit une des plus grandes priorités.

Je fais de mon mieux pour protéger la force de vie qui veut vivre. Je suis conscient que chaque geste que je fais, en harmonie avec la nature, en union avec tous les écocitoyens de la planète, constitue un pas de plus vers la guérison de l’environnement et conduit à une meilleure qualité de vie, au bien-être de tous.


[1] L’écocitoyen est un citoyen de la Terre, soucieux d’écologie et d’environnement. Écologie dans le sens scientifique, restrictif, réservé aux spécialistes qui décortiquent les paramètres physico-chimiques complexes de la croûte terrestre, des écosystèmes et de l’atmosphère. Environnement dans le sens plus large qui englobe tout milieu de vie incluant, la maison, l’école, le travail, le jardin, la ville, les loisirs, la culture, les relations interpersonnelles, l’ambiance extérieure et intérieure d’un lieu.

Réflexion sur l'environnement