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Réflexion sur la culture

de Bernard Anton




Qu’est-ce que la culture ?


J’ai posé cette question aux arbres qui pensent


aux légumes qui poussent dans


le jardin des expériences



J’ai posé cette question aux fruits qui fructifient


aux champs de fleurs qui dansent


aux oiseaux qui orchestrent sons et transes



J’ai posé cette question aux


génomes des semis qui s’épanouissent


à chaque molécule de rosée qui


rafraîchit et revigore les semences



J’ai posé cette question aux papillons et abeilles


qui butinent avec une millénaire intelligence



J’ai posé cette question aux bipèdes


quadrupèdes, reptiles qui ont voyagé plus loin


et acquis une somme infinie de connaissances



J’ai posé cette question aux


principaux éléments hauts de couleurs :


la terre, le feu, l’air, l’eau, la lumière


rencontrés à la croisée des chemins de croyances


disposant des caractéristiques qui


caractérisent ce que prise une âme riche


en devenir et en sciences



J’ai posé cette question aux astres, aux aguerris,


aux as de la pensée et de l’esprit


leur ai expédié des lettres qui


transcendent les simples réflexions



J’ai posé cette question aux culturistes des théories


qui cultivent oisifs au-delà du néocortex


des tours de songes


dont le dépassement conduit à la qualité


de l’inexprimable intelligible essence



J’ai posé cette question à mes cinq sens


aussi au sixième le cas échéant


qui active l’héritage du savoir immense


et recrée constamment un futur qui chante



J’ai posé cette question au vivant en moi


uni à l’intemporel


à l’ultime essentielle référence



J’ai attendu en quête d’éclairance


une réponse de toutes ces catégories d’instances



Un soir d’orage et d’électricité dans l’air


j’ai cru recevoir ces paroles fragiles


qui avaient l’effet d’une surnaturelle musique :



C’est la nature, le retour à la nature,


la revalorisation de la perfection de la nature


avec ou sans artefact



C’est l’écoute de la nature qui


cultive en chacun l’éternelle nature



C’est l’achèvement de l’inachevable


enivrement dans la nature



C’est l’union à la nature non configurée


propice à toutes les espèces croisées



C’est la nature réinventée qui


marche sur les routes de l’univers


jamais domestiquée ni répétée


sans contingence nullement saturée



C’est encore la nature


toujours nouvelle aux quatre vents


qui nourrit et élève ce qui est



C’est… la Conscience


dans laquelle tout apparaît et disparaît




P.s.

Poème commandé et exposé dans une galerie d'art à Val-David lors des Journées de la Culture 2006.